Clonage animal-homme...

Pourquoi cloner des animaux ?
Que peut apporter le clonage animal
à la recherche médicale ?
Le clonage est un nouvel outil très utile pour étudier le développement précoce de l’embryon, ou la différenciation cellulaire et ses dérèglements, à l’origine des cancers. Associé à la transgenèse - technique de modification du génome par introduction de séquences d’ADN -, il permet de fabriquer des animaux avec un gène produisant une substance d’intérêt thérapeutique. C’est le cas aujourd’hui avec les lapines, les moutons et les vaches qui produisent dans leur lait ou dans leur sang des molécules-médicaments comme des anticorps ou des enzymes qui permettent la coagulation du sang.
Pourquoi cloner l'homme ?
Quels seraient les intérêts d’un clonage reproductif chez l’homme ?
Faire revivre un être cher, devenir immortel ? Non, le clonage ne comblera pas nos fantasmes ! D’une part parce que techniquement, rien ne peut empêcher notre mort, et d’autre part, parce que penser qu’un individu et son clone ne constituent qu’un est un leurre. Au même titre que des jumeaux vrais, ce sont des personnes distinctes, avec leur vécu propre.
Pourtant, une question revient toujours : va-t-on cloner pour procréer ? La technique de transfert de noyaux pourrait offrir de nouvelles chances de grossesse pour un couple ayant des difficultés à avoir un enfant. Mais c’est en même temps toute la filiation que l’on bouscule. Et en exposant l’enfant à d’énormes risques d’anomalies génétiques et physiologiques du développement même si on arrive à réduire la fréquence de ces ano- malies du développement, rien ne permet de dire qu’on pourra réduire leur fréquence au même niveau que celui de la reproduction sexuée. Si c’est peut-être là la seule application du clonage reproductif pour l’homme, peut-on y avoir recours en occultant le lot de problèmes médicaux et moraux qui l’accompagnent ?
Que peut apporter le clonage thérapeutique ?
La principale application du clonage thérapeutique concerne les techniques des greffes. Des cellules d’embryons issus d’avortements ont déjà été greffées sur l’homme, notamment pour traiter des patients atteints de la maladie de Parkinson. Mais ces cellules, reconnues comme étrangères, sont souvent rejetées par le système immunitaire des malades. Le clonage thérapeutique consisterait à obtenir des tissus voire des organes par clonage de cellules prélevées chez le patient. Ainsi, plus besoin d’attendre le décès d’un donneur : les greffons seraient produits à volonté, et, issus des propres cellules du receveur, auraient très peu de chances d’être rejetés. Même si l’énoncé de ces techniques laisse entrevoir des perspectives prometteuses, il ne faut pas pour l’instant trop se bercer d’espoir : leur mise au point éventuelle nécessitera encore de nombreuses recherches.
Une étape vient cependant d'être franchie par des chercheurs sud-coréens qui, pour la première fois, ont réussi à créer un embryon humain par clonage et à en tirer des cellules souches. Publiés le 12 février 2004 dans l'édition en ligne de la revue Science, ces travaux relancent le débat sur le clonage thérapeutique, que certains pays souhaitent interdire au même titre que le clonage reproductif.